Les 10 vols les plus courts du monde (2026)

Le plus court vol régulier du monde relie Westray à Papa Westray, dans les Orcades écossaises : 2,8 km à vol d’oiseau, une minute trente programmée, 53 secondes au record. Voici les dix liaisons commerciales les plus courtes en service, classées par distance orthodromique entre aéroports.

#LiaisonPaysCompagnieDistance
1Westray – Papa WestrayÉcosseLoganair2,8 km
2Sanday – StronsayÉcosseLoganair11 km
3Sanday – North RonaldsayÉcosseLoganair15 km
4Connemara – Inis MeáinIrlandeAer Arann Islands17 km
5Connemara – Inis MórIrlandeAer Arann Islands19 km
6Anguilla – Sint MaartenCaraïbesAnguilla Air Services19 km
7Papa Westray – North RonaldsayÉcosseLoganair26 km
8Saint-Barthélemy – Sint MaartenCaraïbesWinair, St Barth Commuter32 km
9Saba – Sint MaartenCaraïbesWinair45 km
10Land’s End – St Mary’sAngleterreIsles of Scilly Skybus49 km

Deux avertissements. Aucun organisme ne tient de classement officiel des vols les plus courts : les listes publiées reflètent les réseaux documentés, pas la réalité mondiale. Et ce classement change de saison en saison, plus vite encore que celui des vols longs, parce qu’une liaison insulaire tient à un contrat de service public renouvelable. Les distances ci-dessous sont calculées entre les coordonnées publiées des aérodromes, à vol d’oiseau, arrondies au kilomètre.

1. Westray – Papa Westray, 2,8 km

Loganair relie les deux îles depuis le 4 décembre 1967. L’horaire officiel annonce une minute trente ; le temps de vol réel tourne autour de la minute, taxi compris. Le record officieux, 53 secondes, est détenu par Stuart Linklater, qui a effectué la liaison plus de 12 000 fois avant de prendre sa retraite en 2013.

Particularités. L’appareil est un Britten-Norman BN-2 Islander de huit places. La liaison n’est pas une attraction : elle fait partie du réseau de désenclavement des Orcades, financé par obligation de service public, et sert aux rendez-vous médicaux, à la scolarité et au travail. Le ferry existe aussi, sur environ 3 milles, mais met vingt-cinq minutes.

2. Sanday – Stronsay, 11 km

Toujours dans les Orcades, toujours Loganair. La liaison relie deux îles du nord-est de l’archipel, sur 11 km. Elle s’insère dans les rotations qui partent de Kirkwall et desservent plusieurs îles à la suite.

Particularités. Ces vols inter-îles fonctionnent en boucle plutôt qu’en aller-retour : un même appareil enchaîne trois ou quatre atterrissages dans la matinée. Aucune des pistes concernées n’est homologuée pour le vol de nuit, ce qui comprime le programme en hiver.

3. Sanday – North Ronaldsay, 15 km

North Ronaldsay est l’île la plus septentrionale des Orcades, à une trentaine de kilomètres de Kirkwall. La liaison depuis Sanday couvre 15 km.

Particularités. North Ronaldsay compte quelques dizaines d’habitants permanents. L’avion y est le seul moyen de transport fiable une bonne partie de l’année : la traversée en ferry depuis Kirkwall dépasse deux heures et n’est assurée que quelques fois par semaine.

4. Connemara – Inis Meáin, 17 km

Aer Arann Islands relie l’aérodrome de Connemara, à Inverin dans le comté de Galway, aux trois îles d’Aran. Inis Meáin, l’île du milieu, est la plus proche : 17 km. Le vol dure moins de dix minutes.

Particularités. La compagnie annonce une durée moyenne de huit minutes sur l’ensemble de ses rotations et opère en Britten-Norman Islander, comme les Orcades. La liaison a bien failli disparaître : en 2018, Aer Arann Islands a annoncé la fin de son contrat de service public avant qu’un accord soit trouvé avec l’État irlandais.

5. Connemara – Inis Mór, 19 km

Inis Mór est la plus grande des îles d’Aran et la plus fréquentée. La liaison depuis Connemara fait 19 km, sur une piste bitumée de 490 mètres.

Particularités. Le trafic de l’aérodrome d’Inis Mór a culminé à 12 393 passagers en 2013 et n’a jamais retrouvé ce niveau. Le ferry depuis Rossaveal reste l’option majoritaire pour les touristes ; l’avion sert surtout aux résidents et au fret léger.

6. Anguilla – Sint Maarten, 19 km

C’est le plus court vol international régulier du monde. Anguilla Air Services et Trans Anguilla Airways relient l’aéroport Clayton J. Lloyd à l’aéroport Princess Juliana, sur 19 km entre les deux pistes. Le vol est annoncé sous les dix minutes.

Particularités. Les deux îles ne sont séparées que de 7,2 km à leur point le plus proche, mais les aéroports sont chacun de l’autre côté de leur île, ce qui triple la distance parcourue. Le trajet fait passer d’un territoire britannique d’outre-mer à une entité constitutive du Royaume des Pays-Bas, avec contrôle des passeports pour un vol plus court que bien des liaisons de bus.

7. Papa Westray – North Ronaldsay, 26 km

Quatrième liaison écossaise du classement, sur 26 km. Elle relie deux des îles les plus isolées des Orcades sans passer par Kirkwall.

Particularités. Sans elle, aller de Papa Westray à North Ronaldsay imposerait un détour par le sud de l’archipel. Ce type de liaison latérale explique pourquoi les Orcades occupent quatre des dix premières places : le réseau inter-îles de Loganair est le plus dense réseau de très courtes liaisons documenté au monde, avec six îles desservies sous contrat de service public.

8. Saint-Barthélemy – Sint Maarten, 32 km

Winair et St Barth Commuter relient l’aéroport Gustaf-III à Princess Juliana, sur 32 km. C’est la porte d’entrée principale de Saint-Barthélemy, qui n’a pas de liaison long-courrier directe.

Particularités. La piste de Gustaf-III mesure 646 mètres et se termine sur une plage, après une approche en descente rapide au-dessus d’un col. Les pilotes doivent détenir une qualification spécifique pour s’y poser. Le trajet est aussi une frontière : côté français d’un côté, néerlandais de l’autre, sur une trentaine de kilomètres.

9. Saba – Sint Maarten, 45 km

Winair est la seule compagnie à desservir Saba, sur 45 km depuis Sint Maarten. La durée annoncée ne dépasse pas un quart d’heure.

Particularités. La piste de l’aéroport Juancho E. Yrausquin mesure 400 mètres, la plus courte piste au monde en service commercial régulier, encadrée par des falaises sur trois côtés. Seuls des appareils du gabarit du Twin Otter y sont autorisés, avec des pilotes spécifiquement qualifiés.

10. Land’s End – St Mary’s, 49 km

Isles of Scilly Skybus relie la pointe de Cornouailles à l’archipel des Sorlingues, sur 49 km et une quinzaine de minutes de vol. C’est la seule liaison régulière du classement à traverser une pleine mer ouverte.

Particularités. Land’s End a traité 49 671 passagers en 2024 et St Mary’s 68 086, des volumes considérables pour une liaison de cette longueur. L’alternative maritime, le ferry Scillonian depuis Penzance, met plus de deux heures et demie et n’assure pas de rotations toute l’année, ce qui rend l’avion incontournable hors saison.

Pourquoi ces vols existent

Aucune de ces liaisons n’existe pour le record. Presque toutes sont financées par une obligation de service public : l’État paie la différence entre le coût réel et un prix de billet supportable, en échange d’une fréquence garantie. Les Orcades, les Sorlingues et les îles d’Aran fonctionnent toutes sur ce modèle.

L’arbitrage se fait contre le bateau, pas contre l’avion. Deux kilomètres huit cents de vol prennent une minute ; le même trajet en ferry prend vingt-cinq minutes, dépend de la houle et impose une correspondance. Sur une île de quelques centaines d’habitants, cet écart décide de l’accès aux soins et à l’école.

Les liaisons qui ont disparu du classement

Jusqu’au 1er août 2024, toutes les listes de vols courts citaient Kitadaito – Minamidaito, au large d’Okinawa : 12 km, un peu plus de trois minutes de vol, opérés par Ryukyu Air Commuter. C’était le plus court vol intérieur du Japon. La compagnie l’a supprimé pour concentrer ses rotations sur les liaisons directes entre Okinawa et chacune des deux îles.

Deux autres liaisons frôlent le classement sans y entrer : Lanai – Kahului à Hawaï, 56 km, et Sint Eustatius – Sint Maarten, 62 km. Il en existe certainement d’autres, plus courtes, dans les réseaux de brousse de Papouasie-Nouvelle-Guinée, d’Indonésie ou d’Alaska, dont les horaires ne sont publiés nulle part de façon exploitable. Un classement mondial des vols les plus courts est par nature incomplet.

En miroir : les 10 vols les plus longs du monde. Pour creuser : les pays les plus proches du monde, le plus long trajet en ligne droite sur Terre et les meilleurs jeux de géographie gratuits.

Sources de référence : la fiche Wikipedia du vol Westray – Papa Westray et la page des vols inter-îles des Orcades de Loganair.

Questions fréquentes

Quel est le vol le plus court du monde ?

Westray – Papa Westray, dans les Orcades écossaises, exploité par Loganair : 2,8 km entre les deux aérodromes, une minute trente à l’horaire officiel, environ une minute en vol réel. Le record connu est de 53 secondes. La liaison existe depuis décembre 1967 ; l’aéroport de Papa Westray a accueilli environ 5 000 passagers en 2024.

Combien coûte le vol le plus court du monde ?

Le prix suit la grille des liaisons inter-îles des Orcades, subventionnées par obligation de service public, et se compare à un billet de train régional plutôt qu’à un billet d’avion. Les tarifs sont publiés par Loganair et révisés chaque saison, il faut donc vérifier directement auprès de la compagnie avant de réserver.

Quel est le plus court vol international du monde ?

Anguilla – Sint Maarten, 19 km entre les deux aéroports, opéré par Anguilla Air Services et Trans Anguilla Airways en moins de dix minutes. Les deux îles ne sont distantes que de 7,2 km à leur point le plus proche, mais les pistes se trouvent sur les côtes opposées, ce qui allonge le trajet.

Pourquoi maintient-on des vols de quelques kilomètres ?

Parce que l’alternative n’est pas un autre avion mais un bateau. Un ferry qui met vingt-cinq minutes, dépend de la mer et n’assure que quelques rotations par semaine ne remplace pas un vol d’une minute pour un rendez-vous médical ou un trajet scolaire. Ces liaisons sont financées par contrat de service public, précisément parce qu’elles ne seraient jamais rentables seules.

Existe-t-il un classement officiel des vols les plus courts ?

Non. Aucune autorité aéronautique ne publie ce classement, contrairement aux records de distance homologués. Les listes existantes s’appuient sur les horaires publiés des compagnies, ce qui laisse de côté de nombreux réseaux insulaires ou de brousse mal documentés, notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Indonésie et en Alaska. Tout classement mondial est donc à lire comme un état des lieux, pas comme une vérité fermée.

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