Le plus long trajet en train direct du monde relie Moscou à Pyongyang : 10 267 km en huit jours, sans changer de voiture. Le Transsibérien Moscou-Vladivostok, 9 289 km, arrive juste derrière et reste le plus long trajet réalisable par un voyageur ordinaire.
| # | Trajet | Distance | Durée | Décalage | Statut |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Moscou – Pyongyang | 10 267 km | 8 jours | 7 h | Deux départs par mois |
| 2 | Moscou – Vladivostok (Rossiya) | 9 289 km | 144 h | 7 h | En service |
| 3 | Moscou – Pékin par la Mandchourie (Vostok) | 8 986 km | 145 h | 5 h | Suspendu depuis 2020 |
| 4 | Moscou – Pékin par la Mongolie (K3/K4) | 7 826 km | 131 h 31 | 5 h | Suspendu depuis 2020 |
| 5 | Canton – Lhassa (Z264) | 4 980 km | 53 h 30 | 0 h | En service |
| 6 | Toronto – Vancouver (The Canadian) | 4 466 km | 97 h | 3 h | En service |
| 7 | Chicago – Los Angeles (Texas Eagle) | 4 390 km | 65 h 20 | 2 h | 3 jours par semaine |
| 8 | Shanghai – Lhassa (Z164) | 4 373 km | 45 h | 0 h | En service |
| 9 | Sydney – Perth (Indian Pacific) | 4 352 km | 70 h | 2 h 30 | En service |
| 10 | Dibrugarh – Kanyakumari (Vivek Express) | 4 154 km | 74 h 35 | 0 h | En service |
Le classement ci-dessous ne retient que les services directs : un seul train, un seul billet, aucun changement. Un itinéraire composé de plusieurs lignes donne des chiffres beaucoup plus gros, et une réponse complètement différente. Les deux critères sont traités plus bas.
1. Moscou – Pyongyang, 10 267 km
Des voitures nord-coréennes sont attelées aux trains russes du Transsibérien jusqu’à Oussouriisk, puis bifurquent vers la frontière de Tumangang et descendent sur Pyongyang. Huit jours de trajet, deux départs par mois, le 3 et le 17. La ligne traverse Khabarovsk, Tchita, Irkoutsk, Krasnoïarsk, Novossibirsk, Omsk et Iekaterinbourg.
Particularités. Le service a été interrompu en 2020 avec la fermeture des frontières nord-coréennes, et n’a repris qu’en juin 2025. C’est le seul trajet de ce classement qu’un voyageur français ne peut pratiquement pas emprunter : il faut un visa nord-coréen, et le train n’est pas vendu au public occidental. Le décalage horaire atteint sept heures entre Moscou et l’extrémité orientale du parcours.
2. Moscou – Vladivostok, 9 289 km
C’est le Transsibérien au sens strict, parcouru par le train Rossiya numéro 001/002. Compter 144 heures, soit six jours pleins, sur une ligne qui traverse huit fuseaux horaires et deux continents. Le train ne s’arrête jamais plus d’une vingtaine de minutes.
Particularités. Tous les horaires affichés en gare, du départ à l’arrivée, sont donnés à l’heure de Moscou. Un passager qui descend à Irkoutsk à « 3 h du matin » sort en réalité en plein milieu de la matinée locale. À l’arrivée, sept heures se sont ajoutées à la montre sans qu’on les ait jamais vues passer sur le tableau. Voir la fiche Transsibérien sur Wikipédia pour le détail des sections.
3. Moscou – Pékin par la Mandchourie, 8 986 km
Le train Vostok, numéros 019/020, suivait le Transsibérien sur les deux tiers de son parcours avant de bifurquer vers le sud à Zabaïkalsk pour entrer en Chine à Manzhouli. Environ 145 heures dans le sens Moscou-Pékin.
Particularités. Le service est suspendu depuis février 2020 et le point de passage frontalier Zabaïkalsk-Manzhouli reste fermé aux trains de voyageurs. Aucune reprise n’est annoncée. Un voyageur déterminé peut encore faire le trajet en trois morceaux : train russe jusqu’à Zabaïkalsk, bus pour franchir la frontière, train chinois jusqu’à Pékin. Ce n’est alors plus un service direct.
4. Moscou – Pékin par la Mongolie, 7 826 km
Le Transmongolien K3/K4 quitte le Transsibérien à Oulan-Oude, descend sur Oulan-Bator et traverse le désert de Gobi. Le K3 met 131 heures et 31 minutes dans le sens Pékin-Moscou, le K4 129 heures et 50 minutes en sens inverse.
Particularités. Suspendu lui aussi depuis 2020, la suspension ayant été prolongée après le début de la guerre en Ukraine. Des essais à vide ont été menés début 2025 avec des voitures 25G rénovées, sans reprise commerciale à ce jour. Les deux tronçons Irkoutsk-Oulan-Bator et Oulan-Bator-Pékin circulent séparément, ce qui permet de reconstituer le trajet avec deux billets.
5. Canton – Lhassa, 4 980 km
Le train Z264 part quotidiennement de Canton et atteint Lhassa en 53 heures et 30 minutes environ. C’est le plus long service ferroviaire intérieur de Chine, et il monte à plus de 5 000 mètres d’altitude sur le plateau tibétain.
Particularités. Les voitures sont pressurisées et alimentées en oxygène à partir de Golmud. C’est aussi le trajet du classement où la moyenne horaire est la plus élevée : près de 93 km/h sur cinq mille kilomètres, contre 65 km/h pour le Transsibérien. La Chine entière vivant sur un seul fuseau horaire, le voyageur ne change jamais l’heure de sa montre.
6. Toronto – Vancouver, 4 466 km
The Canadian, exploité par VIA Rail, met en moyenne 97 heures vers l’ouest et 92 heures vers l’est. Le train traverse l’Ontario, les Prairies et les Rocheuses, avec deux ou trois départs par semaine selon la saison.
Particularités. Les retards y sont structurels : les trains de marchandises du Canadien National sont prioritaires sur la voie, et un retard de dix à quinze heures à l’arrivée à Vancouver n’a rien d’exceptionnel. La durée annoncée est donc un plancher plus qu’une prévision. Trois heures de décalage séparent les deux terminus, sur quatre fuseaux traversés.
7. Chicago – Los Angeles, 4 390 km
C’est la plus longue liaison Amtrak, 2 728 miles en 65 heures et 20 minutes. Le Texas Eagle circule quotidiennement de Chicago à San Antonio, mais seules les voitures des dimanches, mardis et vendredis sont rattachées au Sunset Limited pour continuer jusqu’à Los Angeles.
Particularités. Les quatre autres jours, le trajet s’arrête à San Antonio, ce qui fait de ce record une affaire de calendrier autant que de kilomètres. Le train longe le Mississippi, traverse le Texas dans sa longueur puis le désert de Sonora. Deux heures de décalage entre le départ et l’arrivée.
8. Shanghai – Lhassa, 4 373 km
Le Z164 part chaque soir de la gare de Shanghai et arrive à Lhassa le surlendemain après-midi, en un peu moins de 45 heures. C’est le trajet le plus rapide du classement rapporté à la distance : environ 97 km/h de moyenne.
Particularités. Il partage la dernière section, Xining-Lhassa, avec le train venu de Canton. C’est la portion la plus haute du monde en exploitation régulière, avec le col de Tanggula à 5 072 mètres. Aucun changement d’heure sur tout le parcours.
9. Sydney – Perth, 4 352 km
L’Indian Pacific traverse l’Australie d’un océan à l’autre en 70 heures environ, une à deux fois par semaine selon la saison. Le train tire son nom des deux océans qu’il relie, l’Indien et le Pacifique.
Particularités. Il contient le plus long segment rectiligne de voie ferrée au monde : 478 km sans la moindre courbe à travers la plaine de Nullarbor. Pour le sens de l’échelle, c’est la meilleure démonstration du classement, et elle recoupe le sujet du plus long trajet en ligne droite sur Terre. Deux heures et demie séparent l’heure de Sydney de celle de Perth.
10. Dibrugarh – Kanyakumari, 4 154 km
Le Vivek Express numéro 22503/22504 relie l’extrême nord-est de l’Inde à sa pointe sud en 74 heures et 35 minutes, avec 57 arrêts intermédiaires. C’est le plus long trajet du réseau indien, en distance comme en durée.
Particularités. Il a été lancé en 2013 pour le 150e anniversaire de Swami Vivekananda, d’où son nom. La composition est essentiellement en couchettes de seconde classe, sans compartiment climatisé haut de gamme sur la plupart des circulations : c’est le trajet le moins cher de ce classement, et de loin. L’Inde entière vit sur un fuseau unique.
Service direct ou itinéraire composé : le classement change
Si l’on accepte les correspondances, la réponse devient tout autre. L’itinéraire ferroviaire continu le plus long du monde va de Lagos, au sud du Portugal, jusqu’à Singapour : environ 18 755 km, treize pays, une vingtaine de trains et de billets séparés, pour à peu près trois semaines. Il n’est devenu possible qu’en 2021, avec l’ouverture de la ligne Chine-Laos.
Personne ne l’a jamais parcouru en entier, et il est aujourd’hui impraticable. Plus aucun train international ne relie l’Europe occidentale à la Russie ou à la Biélorussie, et les deux liaisons Moscou-Pékin sont suspendues. Le spécialiste ferroviaire Mark Smith, alias Seat 61, tient à jour l’état des tronçons. Le record existe sur la carte, pas dans un horaire.
Distance et fuseaux horaires ne vont pas ensemble
Les quatre premiers trajets du classement traversent cinq à sept heures de décalage. Les trois trajets chinois et indien n’en traversent aucune : la Chine, malgré 5 200 km d’est en ouest, applique une heure unique, et l’Inde fait de même. Un passager du Canton-Lhassa parcourt 5 000 km sans jamais toucher à sa montre.
Le Transsibérien pousse la logique encore plus loin en affichant tous ses horaires à l’heure de Moscou, sur huit fuseaux. C’est une donnée pratique et non un détail : sur ces lignes, l’heure indiquée au tableau et l’heure du soleil dehors n’ont plus de rapport à partir du troisième jour.
Ce que le train coûte en temps par rapport à l’avion
Moscou et Vladivostok sont séparées par environ 6 400 km à vol d’oiseau, contre 9 289 km de rails. Le vol dure environ neuf heures, le train six jours. Le rapport est de un à seize.
L’écart entre distance orthodromique et distance ferroviaire est la vraie leçon de ce classement : les rails contournent les reliefs, les frontières et les mers, alors qu’un avion suit un arc de grand cercle. C’est exactement ce qui rend les distances difficiles à estimer de tête, et c’est le même biais que révèlent les 10 vols les plus longs du monde.
En miroir : les 10 vols les plus courts du monde. Pour creuser : le plus long trajet en ligne droite sur Terre, les 10 vols les plus longs du monde et les villes les plus isolées du monde.
Questions fréquentes
Quel est le plus long trajet en train du monde en 2026 ?
Le Moscou-Pyongyang, avec 10 267 km parcourus en huit jours. C’est un service direct assuré par des voitures nord-coréennes attelées aux trains russes du Transsibérien, avec deux départs par mois. Il a repris en juin 2025 après cinq ans d’interruption. Si l’on s’en tient aux trajets réellement ouverts aux voyageurs internationaux, le premier du classement est le Moscou-Vladivostok, 9 289 km.
Combien de temps dure le Transsibérien Moscou-Vladivostok ?
Environ 144 heures, soit six jours pleins, à bord du train Rossiya numéro 001/002. Le train couvre 9 289 km à une moyenne d’un peu moins de 65 km/h, arrêts compris. Les circulations plus lentes, avec davantage d’arrêts, peuvent dépasser sept jours. Tous les horaires du parcours sont affichés à l’heure de Moscou, sur huit fuseaux traversés.
Le train Moscou-Pékin circule-t-il encore ?
Non. Les deux liaisons directes sont suspendues depuis février 2020 : le Transmongolien K3/K4 par Oulan-Bator et le Vostok 019/020 par la Mandchourie. La suspension a été prolongée après le début de la guerre en Ukraine, et le point de passage Zabaïkalsk-Manzhouli reste fermé aux trains de voyageurs. Des essais à vide ont eu lieu début 2025 sans reprise commerciale.
Peut-on aller du Portugal à Singapour en train ?
Sur la carte, oui : environ 18 755 km, treize pays, une vingtaine de correspondances, à peu près trois semaines. En pratique, non. Il n’existe plus aucun train international entre l’Europe occidentale et la Russie ou la Biélorussie, et les deux liaisons Moscou-Pékin sont à l’arrêt. Personne n’a jamais bouclé cet itinéraire dans son intégralité.
Quel est le plus long trajet en train sans changer de fuseau horaire ?
Le Canton-Lhassa, 4 980 km en 53 heures et 30 minutes, entièrement à l’intérieur de la Chine. Le pays s’étend sur plus de 5 000 km d’est en ouest mais applique une heure légale unique, celle de Pékin. Le train Shanghai-Lhassa, 4 373 km, est dans le même cas, tout comme le Vivek Express indien sur 4 154 km.